La recherche face à la sclérose en plaques
Voir aussi : Etat actuel des recherches
Sclérose en plaques : il faut traiter tôt
Vers la mise au point d'un traitement curatif
Sclérose en plaques : un traitement prometteur
Vers la mise au point d'un traitement curatif
Maladie très handicapante, la sclérose en plaques touche en France 80 000 personnes, dont deux tiers sont des femmes. Alors que les causes de cette maladie restent encore mystérieuses, les recherches se sont intensifiées ces dernières années, dans l'espoir de mettre au point un traitement curatif.
Caractérisée par une atteinte du système nerveux, cette maladie entraîne une difficulté dans la transmission des messages nerveux. Les principaux symptômes sont des troubles de la motricité, de la vision et de l'équilibre, ainsi que des troubles sensitifs et génito-urinaires.
Les traitements actuels ne permettent pas de guérir la maladie, dont l'évolution est imprévisible, mais de ralentir le handicap et d'améliorer le quotidien des malades. On distingue actuellement deux types de recherches. La voie fondamentale, d'une part, qui permet de mieux comprendre les mécanismes de la sclérose en plaques. Puis la voie clinique ou appliquée, qui teste des nouveaux traitements.
Des avancées dans la compréhension de la maladie
On compte en France environ 80 équipes qui travaillent sur la sclérose en plaques. Leurs recherches ont permis de mettre à jour de nombreux mécanismes, autant de découvertes pouvant aider à l'élaboration de nouveaux traitements.
Les chercheurs ont progressé notamment en neuro-immunologie. Ils ont récemment identifié la population de cellules (lymphocytes T régulateurs) qui régulent notre système immunitaire. Chez les patients atteints de la sclérose en plaque, ces cellules sont déréglées, les gardiens de l'immunité deviennent alors agressif contre le propre organisme du malade et plus particulièrement contre la gaine de myéline.
La recherche en imagerie avance également à grands pas. Depuis peu, de nouvelles techniques, telle que l'IRM de diffusion, ont été mises en place. A présent, les médecins peuvent visualiser de façon très précise les atteintes des fibres nerveuses.
On sait aujourd'hui, contrairement à ce que l'on pensait, que deux tiers des lésions de la myéline sont naturellement réparées par l'organisme. Mais les patients ne sont pas égaux face à ce phénomène de remyélinisation.
Enfin, les chercheurs ont dernièrement découvert que les hormones jouent un rôle fondamental. En effet, lors de la grossesse, période de bouleversement hormonal, la fréquence des poussées varie considérablement.
A la recherche d'un traitement curatif
La recherche clinique se fait au sein des centres hospitaliers. Les principaux acteurs sont les médecins et les malades eux-mêmes, qui participent à des études dans une vingtaine de centres en France. On distingue actuellement quatre axes de recherche :
Recherche en génétique :
La SEP n'est pas une maladie héréditaire au sens strict. Mais des facteurs génétiques de susceptibilité existent, ils peuvent être détectés grâce à une étude de l'ADN. Il s'agit donc d'identifier les gènes responsables de la vulnérabilité de certaines personnes face à la maladie. A l'inverse, des études épidémiologiques sont en cours pour préciser l'impact de l'environnement dans l'apparition de la maladie.
Recherche en virologie :
En 1992, Hervé Perron a découvert à Grenoble dans le liquide céphalo-rachidien d'une patiente, un rétrovirus inconnu. Cependant, à ce jour, aucun virus spécifique à la SEP n'a été isolé. Les chercheurs doivent donc comprendre le rôle éventuel des virus dans le déclenchement de la SEP.
Recherche en neurobiologie :
Les recherches actuelles se focalisent sur les processus de remyélinisation, en testant les facteurs de réparation existants. Une autre approche des scientifiques est d'étudier les transplantations de cellules souches.
Recherche en immunologie :
Les chercheurs portent leur attention sur les cellules régulatrices de l'immunité. On sait actuellement que dans les cas de SEP, l'activité de ces cellules est déréglée. L'approche consiste donc à trouver des molécules qui pourraient agir directement sur ces celles-ci.
Près d'une centaine d'essais cliniques sont actuellement en cours dans le monde. La majorité est dirigée vers les formes rémittentes de la SEP, qui concernent 85 % des cas. Les plus encourageants sont ceux qui testent des nouveaux anti-corps, dirigés contre les lymphocytes responsables de l'inflammation, et ceux qui agissent directement sur l'action de ces lymphocytes, en les empêchant de circuler dans l'organisme par exemple. L'obstacle principal à ces traitements, réside dans le risque de développer des maladies opportunistes, car ils agissent directement sur les processus de défense de notre organisme

